{"id":3855,"date":"2018-11-30T20:17:45","date_gmt":"2018-11-30T19:17:45","guid":{"rendered":"http:\/\/dlaontherun.com\/?p=3855"},"modified":"2018-11-30T20:17:45","modified_gmt":"2018-11-30T19:17:45","slug":"le-trek-epique-du-choquequirao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dlaontherun.com\/index.php\/2018\/11\/30\/le-trek-epique-du-choquequirao\/","title":{"rendered":"Le trek \u00e9pique du Choquequirao"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le site du Choquequirao est consid\u00e9r\u00e9 par certains comme la petite s\u0153ur du Machu Picchu mais c&#8217;est un des sites incas les moins visit\u00e9s de la vall\u00e9e sacr\u00e9e. On ne peut y acc\u00e9der qu&#8217;\u00e0 pieds apr\u00e8s plusieurs jours de marche&#8230; intense. Qu&#8217;\u00e0 cela ne tienne, nous n&#8217;avons pas fait de trek digne de ce nom depuis le Chili et nous sommes curieux de d\u00e9couvrir ces vestiges incas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 13 octobre, \u00e0 peine arriv\u00e9s \u00e0 Cusco, nous allons louer du mat\u00e9riel de randonn\u00e9e. N&#8217;ayant pas pr\u00e9vu de guide pour ces 4 jours de marche nous avons besoin de l&#8217;\u00e9quipement complet : tente, r\u00e9chaud, casserole,&#8230; Une vir\u00e9e au supermarch\u00e9 pour acheter du riz, de la soupe en sachet et de la polenta et nous nous retrouvons dans notre chambre \u00e0 l&#8217;auberge en train d&#8217;organiser nos sacs \u00e0 dos pour cette &#8220;exp\u00e9dition&#8221;. Louis-Alban prend son grand sac et y range la tente, les matelas, les sacs de couchage et deux tee-shirts et je mets le reste dans mon petit sac \u00e0 dos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons la surprise de rencontrer \u00e0 l&#8217;auberge Evelyne et Jacques, un couple d&#8217;ami de Maman et Papa, qui rentrent du Machu Picchu. Le monde est vraiment petit ! Nous \u00e9changeons sur nos exp\u00e9riences respectives et tr\u00e8s similaires en Bolivie et au P\u00e9rou et nous r\u00e9cup\u00e9rons leurs ponchos qui s\u2019av\u00e9reront indispensables ! Merci encore Evelyne et Jacques !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9part \u00e0 5h le lendemain matin. Un taxi nous am\u00e8ne \u00e0 la gare de bus situ\u00e9e hors de la ville et, apr\u00e8s 3h de trajet, le bus nous d\u00e9pose \u00e0 un embranchement o\u00f9 nous sommes cens\u00e9s prendre un autre taxi pour arriver au point de d\u00e9part du trek. Nous sommes 6 \u00e0 descendre du bus, 3 trekkeurs argentins, un vieux monsieur du coin et nous. Nous nous regroupons, perplexes, autour du seul taxi gar\u00e9 au bord de la route. Nous sommes dimanche et il n&#8217;y aura pas d&#8217;autre taxi&#8230; Apr\u00e8s de longues discussions avec le chauffeur, il finit par accepter que nous montions tous dans sa petite voiture. 4 \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re et 2 devant, le plus petit trekkeur argentin s\u2019assoit \u00e0 moiti\u00e9 sur les genoux du papi p\u00e9ruvien qui rigole bien de la situation. Nous arrivons au col de Capulyioc apr\u00e8s une bonne heure de route en lacets \u00e0 flanc de montagne. Il est environ 10h30, c&#8217;est parti pour le trek du Choquequirao !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette premi\u00e8re journ\u00e9e est difficile. Nous descendons 1500 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 sur une dizaine de kilom\u00e8tres en 4 heures. Le paysage est magnifique mais il est difficile d&#8217;en profiter en marchant. Le chemin est caillouteux et glissant ce qui fait que nous passons beaucoup de temps le nez riv\u00e9 sur nos pieds. Il ne me faut pas plus de 3h pour casser un de mes b\u00e2tons de marche en tombant. C&#8217;est un peu rapide vu le chemin qu&#8217;il nous reste \u00e0 parcourir&#8230; Le temps est changeant, il fait chaud puis il se met \u00e0 pleuvioter. On ne sait pas trop ce qui est le mieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois la montagne descendue, nous traversons un pont chancelant pour grimper la montagne en face : 1000 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif sur 3 kilom\u00e8tres&#8230; Apr\u00e8s environ 3h30 heures de mont\u00e9e abrupte, sous la pluie, sur un chemin pire que celui de la descente, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, dans une bonne humeur qui commence \u00e0 d\u00e9cliner, nous arrivons \u00e0 Santa Rosa Baja. Il fait nuit, on est ext\u00e9nu\u00e9s. L-A a l&#8217;impression de porter un sac de pierres et je n&#8217;ai qu&#8217;une envie c&#8217;est de faire diminuer notre stock de nourriture pour m&#8217;all\u00e9ger. Une vieille dame nous accueille. Elle habite ici avec son mari, son fils, son chat et un chiot de quelques semaines appel\u00e9 Flan ! Elle propose aux randonneurs un espace pour planter leur tente et le d\u00eener. Deux couples de marcheurs sont d\u00e9j\u00e0 attabl\u00e9s. Nous r\u00e9ussissons brillamment et rapidement \u00e0 monter la tente \u00e0 la lumi\u00e8re de nos frontales avant de nous atteler \u00e0 la pr\u00e9paration du d\u00eener. Je crois que l&#8217;on ne s&#8217;\u00e9tait m\u00eame pas pos\u00e9 la question de savoir si on pourrait trouver \u00e0 manger sur le chemin. \u00c7a nous aurait \u00e9vit\u00e9 des kilos sur le dos mais on se persuade que notre solution est meilleure car plus \u00e9conomique. Nous engloutissons soupe et polenta en discutant joyeusement avec nos h\u00f4tes et les autres trekkeurs. Tout le monde a trouv\u00e9 cette journ\u00e9e \u00e9reintante et nous ne tardons pas \u00e0 nous retirer dans nos tentes respectives. La n\u00f4tre est minuscule. Nous tenons juste allong\u00e9s autant en longueur qu&#8217;en largeur. Le reste du mat\u00e9riel et nos sacs finissent pos\u00e9s sur nous. On a connu plus confortable mais la fatigue l&#8217;emporte et nous dormons comme des loirs.<\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un r\u00e9veil aux aurores et un petit-d\u00e9jeuner sommaire, nous repartons \u00e0 l&#8217;assaut de la montagne. Il nous faut encore monter 600 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 sur 5 kilom\u00e8tres pour atteindre le village de Marampata nich\u00e9 au c\u0153ur de la vall\u00e9e. Une heure environ apr\u00e8s avoir commenc\u00e9 notre marche, nous croisons en sens inverse notre h\u00f4te et son fils qui eux descendent sans probl\u00e8me en trottinant&#8230; La pluie tombe dru. Le moral est bas. Heureusement, un pas apr\u00e8s l&#8217;autre, nous finissons par arriver dans ce minuscule hameau o\u00f9 les maisons sont construites \u00e0 flanc de montagne. Ces gens sont vraiment coup\u00e9s de tout. Hors la marche, le seul moyen de transport est le cheval. Heureusement, le chemin qui passe dans le village est plat et au d\u00e9tour d&#8217;un lacet nous voyons enfin les premi\u00e8res ruines. M\u00eame si elles paraissent loin et que nous \u00e9tions persuad\u00e9s que le Choquequirao \u00e9tait au pied du village, c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 une premi\u00e8re victoire ! Nous payons les droits d&#8217;entr\u00e9e dans le site et repartons pour ce que nous pensons \u00eatre une petite heure de marche tranquille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux heures et demie et environ 5 kilom\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 positif et n\u00e9gatif plus tard, nous arrivons en nage au camping du site en maudissant le guichetier qui nous a assur\u00e9 que nous en aurions pour environ 40 minutes. Bien s\u00fbr, on sait que 40 minutes pour quelqu&#8217;un qui habite depuis plus de 30 ans en haut d&#8217;une montagne \u00e7a veut dire trois fois plus de temps pour nous. Mais nous pensions qu&#8217;il avait d\u00e9j\u00e0 fait la conversion temps p\u00e9ruvien \/ temps gringo&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le camping est tout aussi rudimentaire que celui de la veille. Il n&#8217;y a toujours pas d&#8217;eau chaude (donc toujours pas de douche, nous ne sommes pas suicidaires) et cette fois nous ne pouvons pas faire la cuisine au m\u00eame endroit que nos h\u00f4tes. Il est 14h, nous nous pr\u00e9parons deux gros sandwichs \u00e0 l&#8217;avocat et installons la tente face \u00e0 la vall\u00e9e. Le r\u00e9veil devrait \u00eatre sympa. Malheureusement je suis malade et je passe le reste de la journ\u00e9e \u00e0 dormir. Si pr\u00e8s du but, nous sommes bloqu\u00e9s au camping. C&#8217;est vraiment une super apr\u00e8s-midi ! Louis-Alban se repose aussi et la nuit tomb\u00e9e d\u00e9cide de faire cuire le riz pour le d\u00eener. Imaginez L-A allong\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tente, \u00e9clair\u00e9 seulement par sa frontale, en train de lutter contre le vent et la bruine qui font vaciller la flamme d&#8217;un r\u00e9chaud minuscule&#8230; Quelle victoire lorsque l&#8217;eau commence \u00e0 bouillir ! Quelle d\u00e9ception lorsqu&#8217;il se rend compte que le riz doit cuire au moins 45 minutes&#8230;<\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain direction les ruines ! Il y a en un peu partout autour du campement et les arch\u00e9ologues n&#8217;ont pour l&#8217;instant d\u00e9broussaill\u00e9 que 40 % de l&#8217;ensemble du site. Nous d\u00e9cidons de visiter celles situ\u00e9es au-dessus de nous. Celles situ\u00e9es en dessous nous int\u00e9ressent moins car ce sont des terrasses et cela veut dire descendre pour remonter ensuite. Mentalement on trouve \u00e7a moins sexy que monter pour redescendre. Nous marchons une grosse demi-heure pour arriver sur le site qui surplombe la vall\u00e9e. Pourquoi les incas sont-ils all\u00e9s construire des villages aussi loin et haut ? Aucune des raisons donn\u00e9es par les guides ne nous conviennent. Le choix d&#8217;implanter un village et des cultures en terrasse \u00e0 cet endroit ne peut r\u00e9sulter que d&#8217;une folie collective ! Le site n&#8217;en reste pas moins \u00e9poustouflant. Les maisons sont excessivement bien conserv\u00e9es et on imagine ais\u00e9ment les petits incas \u00e9voluer dans cet environnement. Comme pour le Machu Picchu, les espagnols n&#8217;ont jamais trouv\u00e9 le site du Choquequirao. Quelle bande de flemmards ces conquistadors ! A leur d\u00e9charge les incas avaient d\u00e9truit les acc\u00e8s au site.<\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est d\u00e9j\u00e0 temps de repartir. Nous avons pr\u00e9vu de redescendre une montagne et de monter une partie d&#8217;une autre le jour-m\u00eame. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais je pense que l&#8217;on ne se rendait pas bien compte de l&#8217;effort \u00e0 fournir en 4 jours. Nous retournons au camping, remballons notre maison et repartons en sens inverse. La premi\u00e8re portion jusqu&#8217;au village de Marampata est tout aussi difficile que la veille mais passe plus rapidement. C&#8217;est l&#8217;avantage de prendre un chemin d\u00e9j\u00e0 connu ! Arriv\u00e9s au village, nous d\u00e9jeunons (de la polenta faute de temps) et prenons une d\u00e9cision capitale pour la fin de la randonn\u00e9e : nous allons louer les services d&#8217;un cavalier pour porter nos sacs. Nous reprenons la route repus mais all\u00e9g\u00e9s de nos fardeaux. La fine pluie qui nous accompagne nous fait du bien ! La premi\u00e8re montagne est descendue en 2 heures environ.\u00a0Le moral est bon surtout lorsque l&#8217;on croise des randonneurs en sens inverse ! Nous retraversons le pont brinquebalant et commen\u00e7ons l&#8217;ascension de la deuxi\u00e8me montagne. En chemin nous croisons un vieux monsieur qui est parti il y a quelques heures du col de\u00a0Capulyioc et qui compte arriver au Choquequirao dans la soir\u00e9e&#8230; Tous les gens que l&#8217;on rencontre sont vraiment tr\u00e8s accueillants, gentils et authentiques mais ils devraient arr\u00eater de dire o\u00f9 ils vont et en combien de temps !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous arrivons dans la nuit \u00e0 notre camping du jour. Le cavalier a d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 notre tente, quel luxe ! Et quelle chance car un orage se d\u00e9cha\u00eene peu apr\u00e8s notre arriv\u00e9e. Nous f\u00eatons cette derni\u00e8re soir\u00e9e avec de la bi\u00e8re et des crackers et pas de riz ce soir-l\u00e0. Nous achetons des nouilles instantan\u00e9es ! Vers 19h un groupe arrive au campement. Ils sont partis il y a moins de deux heures et comptent arriver vers 22h au Choquequirao. \u00c7a me para\u00eet tr\u00e8s pr\u00e9tentieux et dangereux mais lorsqu&#8217;ils m&#8217;apprennent qu&#8217;ils sont arch\u00e9ologues, je comprends. Ils commencent leur cycle d&#8217;un an sur le site car il n&#8217;est pas possible de rentrer chez soi le weekend quand on travaille au Choquequirao. Pas \u00e9tonnant ! La nuit est agit\u00e9e. La tente montre des signes de faiblesse en termes d&#8217;imperm\u00e9abilit\u00e9. Louis-Alban passe une bonne partie de la nuit \u00e0 d\u00e9placer les affaires qui touchent les parois tremp\u00e9es de notre maison.<\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&#8217;avons plus grand chose \u00e0 manger pour notre dernier petit-d\u00e9jeuner. Nous avalons une barre de c\u00e9r\u00e9ale et partons pour 4 heures de mont\u00e9e vers le col de Capulyioc notre point de d\u00e9part. Le soleil tape de plus en plus fort et le chemin n&#8217;est pas abrit\u00e9 mais l&#8217;absence de nuages nous permet d&#8217;appr\u00e9cier un paysage diff\u00e9rent de celui du premier jour. Nous jouissons d&#8217;une vue imprenable sur les sommets enneig\u00e9s qui nous entourent. Malheureusement la barre de c\u00e9r\u00e9ale est vite assimil\u00e9e et nous avons rapidement tr\u00e8s faim. Nous croisons des \u00e9l\u00e8ves qui courent en sens inverse et une fois le troupeau pass\u00e9 nous rencontrons leurs professeurs qui semblent moins enjou\u00e9s par cette sortie de classe. L&#8217;une d&#8217;entre eux entame une discussion avec Louis-Alban et je les rejoints juste au moment o\u00f9, sans que nous lui ayons demand\u00e9, elle nous offre un paquet de g\u00e2teau que nous nous empressons de d\u00e9vorer apr\u00e8s l&#8217;avoir mille fois remerci\u00e9e ! Malgr\u00e9 \u00e7a la fin du trek est excessivement difficile. Le soleil est au z\u00e9nith et nous n&#8217;avons pas l&#8217;impression d&#8217;avancer. Mais, toujours un pas apr\u00e8s l&#8217;autre, nous arrivons \u00e0 destination. Quelle joie !\u00a0 Nous sommes \u00e9puis\u00e9s mais tellement heureux d&#8217;avoir fait ce trek difficile et d&#8217;avoir vu ces ruines. La seule chose que l&#8217;on aurait chang\u00e9 c&#8217;est la dur\u00e9e. On aurait du faire cette randonn\u00e9e en 5 jours au lieu de 4 pour avoir le temps de vraiment profiter du site.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tout cas, vivement le prochain&#8230;!<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le site du Choquequirao est consid\u00e9r\u00e9 par certains comme la petite s\u0153ur du Machu Picchu mais c&#8217;est un des sites incas les moins visit\u00e9s de la vall\u00e9e sacr\u00e9e. On ne peut y acc\u00e9der qu&#8217;\u00e0 pieds apr\u00e8s plusieurs jours de marche&#8230; intense. 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